À un cheveu d’être enceinte

Début janvier 2016, l’heure de la deuxième fécondation in vitro a sonné. Après avoir pris quelques semaines de repos (je dis “repos”, mais on s’entend que la période des fêtes est plus en mode “party” qu’en mode “on fait rien” hein ?!), question de me stresser encore et encore, il a fallu que j’attende le retour de mes merveilleuses règles pendant 52 jours.

Tu as bien lu, 52 longs et interminables jours. 52 jours à te dire:

Crime! Je suis peut-être enceinte. Crime! On va peut-être s’éviter un autre voyage à Montréal. Crime! C’est peut-être la bonne fois batinse! Crime! Ça va être tout qu’un beau cadeau de Noël à faire à nos proches!

Ben non! Le déluge rouge a bel et bien eu lieu 52 jours après celui de la fois où notre première tentative ait été négative, en novembre 2015. 52 jours à semer le doute et à fucker toute la patente. Au moins, j’ai eu une période de repos sur ce côté-là hein?!

Ce retour des menstruations est arrivé le 02 janvier 2016 et, comme nous l’avions convenu, nous avions pris la décision de faire notre 2e essai gratuit à ce moment-là.

Mon stress n’avait pas encore disparu, tout ça m’angoissait encore jusqu’à ce que mon conjoint me dise de ne pas m’en faire avec ça, qu’on allait voir le jour venu. Il a le don de me rassurer cet homme.

Comme lui aussi avait besoin de savoir que tout se passerait bien et qu’on prenait vraiment la bonne décision de recommencer, notre fameuse tradition de demander des signes nous a encore laissés sans mot.

Comme de fait, dans la nuit, des boites tombèrent dans le garde-robe et mon chum a rêvé aux geais bleus.

Petite parenthèse…


Pour nous, les geais bleus ont une énorme signification puisque c’était l’oiseau préféré de son grand-père décédé. Peut-être direz-vous que c’est du pur hasard et de la folie ?! Mais, je suis plutôt du type que le hasard n’existe pas et qui croit qu’il y a bel et bien une force plus grande que nous qui cherche à ce qu’on soit ouverts pour l’entendre.


 

Enfin bref, ça été rassurant pour nous de savoir qu’il fallait le faire et que c’était LE bon moment, qu’on devait avoir confiance et que ça allait marcher.

D’autant plus que, lors du dernier mois, j’avais fait un beau travail sur moi-même et je me sentais enfin prête à avoir un enfant. J’avais vraiment pris conscience que je pouvais être capable, que j’allais être tellement fière de moi-même de mettre au monde un enfant que j’allais avoir créé avec l’homme de ma vie. Seul l’avenir nous le dira, mais notre premier rendez-vous vers ce bébé était le 10 janvier et je savais que tout se passerait bien.

Nous avions pris la décision de n’en parler à personne. Lors de la dernière fois, il y avait eu quelques prises de bec et je n’avais pas aimé. Après tout, un projet bébé, ça se fait à deux bon!

Comme prévu, nous sommes allés à notre rendez-vous, chez Ovo à Montréal, pour voir combien j’avais d’ovules. Comme à l’habitude, j’en avais qu’une seule et elle était assez grosse. Aussitôt fait, il a fallu que je passe une prise de sang pour savoir si j’étais sur le point d’ovuler. (Chose qui ne fallait pas si on voulait faire notre FIV)

À notre retour à la maison, l’infirmière nous a téléphoné et nous a dit qu’il fallait que je déclenche mon ovulation le soir même, car j’étais vraiment limite. J’avais vraiment peur de passer droit, car j’en avais l’impression, mais je me disais que je faisais confiance.

Pour être certaine que mon ovule soit encore bien là, elle nous a demandé d’aller passer un autre écho à Québec, le lendemain. Tel que dit, nous nous sommes présentés à la clinique de Québec et selon le médecin, tout était beau. J’avais du “lousse”. OK, fiou!

Le soir même, nous avons été couchés chez de la famille, à Sainte-Hyacinthe, car le prélèvement de mon ovule avait lieu très tôt le matin.

Tout se passait comme la première fois. J’étais encore stressée, mais je me disais que ça devait être normal. Pourquoi tout ce stress encore ?! D’où vient-il ? Avant de prélever mon ovule, il fallait la trouver. La médecin m’a dit qu’elle avait vraiment de la misère à la voir.

Et là, on a commencé à s’inquiéter solide! On voyait bien qu’il y avait quelque chose qui ne tournait pas rond! Elle a demandé l’aide d’une autre médecin et effectivement, il y avait de la tension et du doute dans l’air.

Roulement de tambour…

J’avais ovulé. Plus d’ovule! Finito, kapout! Il était trop tard, mon ovule se promenait maintenant dans mon utérus à quelque part. Je capotais! Je me suis mise à pleurer. Et, tout de suite, j’ai demandé si ça comptait pour notre 2e essai GRATUIT même si nous n’avions rien fait et elle m’a dit que oui. Je capotais encore plus! Nous venions de perdre notre 2e essai pour absolument rien.

RIEN! RIEN! RIEN! RIEN!RIEN! Je voulais leur arracher la tête même si ce n’était pas de leur faute. Enfin, si! Il y avait une partie de moi qui se demandait pourquoi nous l’avions fait pareil quand, depuis le début, on me disait que j’étais sur le bord d’ovuler.

Elle nous a avoué qu’elles avaient fait leur possible. Elles avaient essayé de trouver mon ovule dans mon utérus, mais sans succès. Elle nous a conseillé tout de même de faire une insémination. Que c’était encore possible! C’est ce que nous avions fait, mais, au fond de moi, tout était perdu. Je pleurais dans la salle d’attente. J’étais désespérée, mais en même temps, je ne saurais comment l’expliquer, mais mon corps me disait qu’il n’était pas prêt.

Comment expliquer ça quand ta tête te dit qu’elle veut un enfant, mais qu’il y a une autre petite voix, quelque part, qui te dit que ça te fait peur de porter un enfant ?

Pourquoi avions-nous eu tous ces signes ? Qu’avions-nous à apprendre de ça ? Je savais que le problème venait de moi. Je me sentais tellement bloquée, mais pourquoi ? J’avais encore du travail à faire sur moi-même c’était bien évident. 

L’infirmière nous a donné rendez-vous avec la médecin qui nous suivait le 25 janvier pour connaitre la suite des choses. 

Le 25 janvier, encore à Montréal (j’étais tellement à boute d’aller-là), encore avec le stress dans le plafond, notre médecin, sans passer par quatre chemins, nous a avoué qu’elle n’avait pas 50 solutions à nous proposer étant donné mon état.

Rappelons-nous “mon état” à ce moment-là: une jeune femme de 25 ans dans le corps d’une de 45, proche de la ménopause! -_-

Elle nous a expliqué le pourquoi que ça n’avait pas fonctionné lors de notre 2e tentative. Probablement parce que l’ovule que j’avais n’était pas de bonne qualité, que notre situation était vraiment un coup de dé vu ma réserve ovarienne très basse et que ça se pouvait que je sois ménopausée dans 3-5 ans comme ça se pouvait que je reste comme ça encore bien longtemps.

Elle nous a dit que le sperme, lui, était très bien. J’ai alors demandé si nous pouvions faire des inséminations vu que c’était encore gratuit. Elle nous en a prescrit pour 3 essais.

Mais avant de les faire, il fallait que je passe un examen pour voir si mes trompes n’étaient pas bouchées. Bon! Une autre affaire battard!

En sortant de là, j’étais vraiment fâchée. Je ne savais plus quoi penser. Tout le long en revenant à la maison, j’ai pleuré et pleuré. J’avais juste envie de tout arrêter, de jeter tout en lien avec ce processus. Je voyais noir, bien noir! Se faire dire que tu peux être dans ta ménopause dans 3 ou 5 ans, il y a de quoi paniquer pis en plus, j’ai accepté ses dires.

C’était comme si elle venait de me balancer que je n’aurais jamais d’enfants tsé. Je n’avais pas encore pris ça aussi dur, mais c’était comme LA goutte qui venait faire déborder le vase.

Montréal-Beauce a pleuré sans arrêt. Mon chum a trouvé ça long en TAAAA et ne comprenait pas trop ma réaction. De son côté, il trouvait que j’exagérais un peu, car notre rendez-vous s’était bien passé selon lui.

Mais comme toujours, il a cette facilité à voir le bon côté des choses tandis que moi, j’étais bien bonne pour sauter à la conclusion trop vite.

Il y avait 2 côtés à la médaille. Moi, je voyais ça comme des signes qui fallait tout arrêter, car c’était sur le point d’empoisonner ma vie, de laisser les choses aller, de faire confiance à la vie, que si on était vraiment dû pour avoir un enfant que celle-ci allait nous en envoyer un sans se casser la tête et sans toutes ses procédures que je trouve stressantes.

Et il y avait l’autre qui me disait de continuer jusqu’au bout, que si après tout ça, ça ne marche pas, bien au moins, on aurait tout essayé, mais ce côté me pesait sur les épaules. C’était ça le problème! Je ne tolérais plus les mauvaises nouvelles.

C’est là que je me suis dit:

Est-ce qu’un jour, on va en avoir des enfants ?

Croyez-le ou non, tout le long en revenant chez nous, des chansons sur l’espoir jouaient dans l’auto dont celle-ci: https://www.youtube.com/watch?v=k-GeSAU87uo

“They’re gonna be alright, they’re gonna carry on
Help from above will come back strong
I got faith in us, I got faith in Him
The clouds will part and the sun will shine again, amen”

“Ils vont bien, ils vont continuer
L’aide d’en haut reviendra forte
J’ai eu foi en nous, j’ai eu foi en lui
Les nuages ​​se sépareront et le soleil brillera de nouveau, amen”

•••

Tout est une question de perception! 

Allez, sois fière de ton grand coeur! 💕

SHOOTER!✌️

CFP-6934-2Jessica 

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1 réflexion sur « À un cheveu d’être enceinte »

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