Il ne s’est pas accroché, notre vie est foutue!

Quand nous avons reçu cet appel, le 11 novembre 2015, celui qui venait de chambouler nos vies, celui qui nous disait que nous ne deviendrions pas un papa et une maman dû à notre première fécondation in vitro, nous étions physiquement en plein cœur d’un vaste champ. 

Et soudainement, mon âme venait carrément de s’y perdre. Elle était déjà très fragile mais là, cet appel l’a complètement mis à terre. Comme dans un ring, j’étais K.O. Le combat venait de se terminer. L’échec venait de m’emporter avec lui. Ce n’est pas pour rien que je l’ai appelé « l’appel qui tue » dans mon précédent article.

Cet appel: un coup de couteau en plein coeur. Tu ne comprends pas la douleur intérieure qui me submergeait. J’avais mal, mal et tellement mal. 

Je crois que, de se faire dire que ton enfant, ce tout minuscule embryon que tu aimais déjà tant comme la prunelle de tes yeux, ne s’est malheureusement pas accroché et n’a pas tenu le coup est plus souffrant que de se faire écraser par un camion. Je crois qu’à ce moment là, c’est ce que j’aurais préféré…

Soudainement, c’est comme si la vie que tu t’étais imaginée, cette vie de rêve où tu te voyais en train de rire, de pleurer, de courir, de montrer comment faire ou de t’amuser avec ta progéniture était, justement, qu’un rêve qui ne se réaliserait jamais. 

C’est comme si ta vie n’avait plus aucun sens. C’est aussi à ce moment-là que je me suis dit:

«Mais c’est quoi ma raison d’être si la vie ne veut pas que je devienne une maman ? Mais veux-tu bien me dire qu’est-ce que je suis venu faire ici bon Dieu de merde ?! Ça va être quoi ma vie, notre vie, si nous ne sommes pas des parents un jour ?! »

Cette fécondation in vitro, je la voyais comme un échec total. Ma vie était un échec et elle le saurait pour toujours si je ne tenais pas ce foutu bébé dans mes bras!

De toute évidence, mon langage reflétait bien tout ce que je vivais à l’intérieur de moi. Heureusement, ce n’était qu’à moi-même que je le faisais subir, car je gardais pratiquement tout pour moi (mes sentiments, mes émotions, mes frustrations et mes pensées). 

Toutes les absurdités que je me disais…(Ahhhh mon Dieu que c’était HORRIBLE):

«C’est de TA faute Jess s’il n’a pas tenu le coup! C’est de TA faute parce que tu étais trop stressée! C’est de TA faute parce tu n’es pas assez bonne pour être une mère! C’est de TA fauteeeeeeeee! Mais, t’es dont ben nulle! Tu n’es même pas capable de porter la vie en toi!…»

La culpabilité me rongeait tu ne comprends pas! C’était comme si tout ce beau privilège que d’avoir un enfant, c’était à cause de moi qu’on ne pouvait pas l’avoir.

Parce qu’on s’entend, avoir un enfant a l’air si merveilleux aux yeux de tous, la maternité n’est tellement pas idéalisé tsé. (Je t’évite mon roulement de yeux)

C’était moi qui privait mon chum de devenir un père parce que c’était moi qui l’avait rejeté cet enfant-là.

C’était ça en fait. Je venais de rejeter notre enfant. Oui, il existait. Nous l’avions vu sur l’écran. C’était de toutes petites cellules composées de lui et de moi qu’on m’avait soufflé mais, mon corps n’en voulait pas. Comment ne voulais-tu pas que je me sente coupable ?!

Non seulement je me sentais égoïste, peinée et impuissante de l’avoir laisser-aller à lui-même , mais, en même temps, je lui en voulais terriblement à cet embryon de pas s’être accroché à la vie, qu’il nous ait pas choisi pour qu’on soit des parents pour lui.

Je ne savais même pas, jusqu’à ce jour, qu’on pouvait ressentir de la colère et de la frustration envers un si minuscule petit brin de vie devenu, désormais, une âme errante à quelque part tsé.

Au fond, cette âme venait de rejoindre la mienne au beau milieu de ce champs.

Nous étions toutes les deux perdues.

Je me sentais rejetée. Rejetée par elle, rejetée par la vie tout court. Comme si cette âme n’était pas prête à venir à notre rencontre quand nous, nous pensions l’être. Ça faisait déjà quelques années qu’on pensait à elle, qu’on la désirait tant. Et le fait qu’elle ne s’est pas accroché, je ne mentirai pas, je l’ai pris personnel, très personnel.

Est-ce parce qu’on avait forcé les choses en faisant cette FIV ? Est-ce parce que nous n’étions pas encore rendu là dans notre vie, au fond…? 

J’étais en beau $)&@!*#% après elle parce qu’elle remettait en doute la personne que j’étais. Elle remettait en doute mes compétences à devenir une mère et elle remettait en doute si nous étions vraiment fait pour avoir des enfants. 

À un certain moment, tu ne vas tellement pas bien que tu en veux à toute chose sur cette terre, même à cette belle âme inoffensive qui n’a pas pu faire son nid en toi tsé!

Tu vas peut-être me trouver folle d’avoir pensé tout ça mais, je ne suis pas gênée et je m’assume totalement. Je cherchais tellement à comprendre ce qui m’arrivait que la tête m’y allait par-là.

Cette âme, elle avait probablement ces raisons de ne pas prendre place en moi et c’est seulement qu’aujourd’hui que je m’en rends compte. 

Sur le coup, ça été impossible pour moi de ne pas voir ça comme un échec, comme un combat puisque la douleur l’emportait sur tout.

C’est avec du recul que je réalise que, tout ça, n’était en rien de ma faute, rien de tout ça n’était un échec et encore moins un combat. Quand on souffre, on veut toujours trouver un coupable, c’est immanquable! On pense que notre vie est terminée et qu’elle a gagné.

Mais, elle a gagné quoi au juste ? Tu penses qu’elle a gagné parce qu’elle a réussit à te faire toucher le fond ?

Non, ce n’est pas ça. Crois-tu vraiment que la vie voulait que je souffre ? NON!

Crois-tu vraiment que la vie veut que tu souffres ? NON!

Crois-tu qu’elle t’envoie des épreuves pour le fun ? NON!

Rien n’est un échec, rien n’est un combat. Il n’y a pas de perdants. Il n’y a que des apprentissages.

Je ne saurais vous expliquer mais, dans la vie, il n’y arrive jamais rien pour rien. Lorsqu’on a reçu ce dit appel, il y avait une partie de moi qui était dévastée mais, il y en avait une autre qui était soulagée. Fouille-moi pourquoi! Je suis bizz de même moi! Haha!

J’avais une peur bleue de le rejeter cet embryon (chose que j’ai fait) mais, j’avais aussi une peur bleue de le garder. J’avais peur, tellement peur!

Cette petite âme le savait probablement que je n’étais pas prête à l’accueillir, c’est ce que ça me disait dans mon coeur, mais je ne voulais pas me l’avouer.

Tsé la fille qui fait une fécondation in vitro parce qu’elle veut tellement avoir un enfant, mais qui n’est pas du tout alignée avec cette idée…c’est un peu WEIRD non ?! C’est comme avancer en reculant, ça ne marche pas! (Quel jeu de mot) POUHAHA! Mais, à ce moment-là, je me sentais exactement comme ça.

La vie, cet embryon, cette âme, appelle-ça comme tu voudras, savait que j’étais perdue, que j’étais à la recherche de qui j’étais réellement et elle m’a laissé du temps pour me reconstruire, car il le fallait.

J’étais beaucoup trop fragile, je ressentais beaucoup de mal à l’intérieur de moi.

Je ne sais pas pourquoi j’ai dit reconstruire parce qu’en réalité j’étais en loin d’être construite.

Oui, comme chaque personne, j’avais certaines bases et de bonnes valeurs mais, elles n’étaient pas solides, elles étaient très sensibles. Ce qui a fait que cet appel, cette première dure épreuve auquel j’ai dû faire face, les a fait chavirer assez rapidement.

Cette fécondation in vitro, bien que je ne tiennes pas encore ce petit bébé dans mes bras, a été une de mes plus grandes fiertés puisqu’elle m’a permis de naître. Mon enfant intérieur est né.

Mais, ce n’est pas tout. Ce que je ne savais pas, c’est que ça venait de commencer, ce n’était que le début…Avant de naître, comme je viens de le mentionner, on n’a pas seulement vécu qu’une seule « crise », mais bien plusieurs…

La suite dans mon prochain article.

Tout est une question de perception! 

Allez, sois fière de ton grand coeur! 💕

SHOOTER!✌️

CFP-6934-2Jessica 

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