Je me faisais souffrir moi-même

Ce matin, je relisais la suite de notre histoire et j’ai ressenti une grande vague de compassion pour celle que j’étais à ce moment-là. Ça m’a frappé au visage tellement que les mêmes mots ressortaient de sa bouche et ce langage s’étirait sur des mois et des mois.

Rien dans la suite de notre histoire était palpitant ou croquant à vous dire. Je défilais et défilais mes pages et c’était toujours le même discours qui apparaissait.

Cette Jessica était dans un tourbillon sans fin de négatif qui se jouait dans sa tête. C’était toujours la même cristi de cassette. Elle n’en dormait pas les nuits. Heureusement, cette Jessica avait cette ouverture d’esprit de vouloir s’en sortir et elle le voulait vraiment.

Les mots que je n’arrêtais pas de voir étaient cruels, cruels envers elle. Elle croyait tellement (et pour de vrai) que le fait qu’ils n’avaient pas encore d’enfants était de sa faute. Assez qu’elle se détestait. Elle détestait son corps, sa réserve ovarienne basse, ses bouffées de chaleur.

Tout ce qui se jouait dans sa tête était:

Il ne faut pas que je sois stressée. Maudit stress! Mais pourquoi suis-je autant stressée. Mon bébé va ressentir mon stress et je ne veux pas. C’est de ma faute si je suis autant stressée.

Ou encore, dès qu’elle ovulait, le stress et l’angoisse embarquaient parce que soudainement c’était peut-être possible d’être enceinte. Elle était stressée à l’idée d’être enceinte et elle était stressée à l’idée de ne pas l’être.

Ces peurs faisaient tellement partie intégrale de sa vie que son chum s’en rendait compte en lui demandant souvent:

Bon, qu’est-ce qui se passe là?

Ou encore, la nuit, lorsqu’elle était agitée, il se collait près d’elle et lui disait de se détendre et de se calmer.

C’est comme si, à l’intérieur d’elle, rien n’était stable. C’est comme si elle avait un pied dans le bateau et l’autre pied sur le quai et que tout était houle dans sa tête.

Elle résistait.

Elle résistait à plusieurs chose.

Elle résistait à faire confiance en la vie. Oh que oui! Elle était tellement craintive face à elle. Comme si elle se méfiait de tout ce qu’elle lui envoyait. Elle avait peur. Peur de ce que lui réservait l’avenir. ” Et si ce n’était pas possible que je m’en sorte ?” se disait-elle. Faire confiance en la vie c’était comme lui demander d’apprivoiser un loup sauvage: ça raisonnait danger.

Elle résistait même à se faire confiance. Mais comment avoir confiance en elle quand elle n’a jamais su c’était quoi se sentir confiante. Elle doutait de ses capacités, de ce qu’elle était capable de faire et de réaliser. Elle n’avait aucune référence en elle pour être solide et forte puisqu’elle avait toujours été très sensible et fragile. C’était la première fois qu’elle vivait un épisode aussi difficile dans sa vie et, en n’ayant pas confiance elle, c’était toujours ses peurs qui lui donnait raison.

Elle résistait à lâcher prise. Tsé le maudit lâcher prise là. Tout le monde lui disait, mais elle ne savait pas comment faire quand sa vie tournait qu’autour de ce projet bébé. Un si simple mot, mais si compliqué à la fois. C’était clair, net et précis, elle ne réussissait juste pas et décidait de laisser gagner la résistance.

Elle résistait à la spontanéité. Tout était planifié dans sa tête. Autant dans ses paroles que dans ses faits et gestes. Elle faisait des étoiles sur son calendrier pour dire que c’était la journée où ils avaient fait l’amour. Elle croyait ne pas avoir droit de faire tout ce qui lui semblait bon de faire parce que toute sa vie, elle l’avait très bien contrôlée et planifiée jusqu’à ce que ce projet bébé foute tout en l’air.

Et le plus grand de tous, elle résistait à l’amour d’elle-même.

C’est simple. Elle ne s’aimait pas du tout! Mais comment elle pouvait s’aimer quand elle n’était même pas capable de faire un enfant à sa tendre moitié ? Mais comment elle pouvait s’aimer quand elle ne se connaissait pas vraiment ?

Assez souvent, quand tu rencontres une personne pour la première fois, c’est rare que tu tombes en amour avec elle du premier coup. Tu apprends à la connaitre et c’est à partir de ce qu’est la personne que tu commences à développer un sentiment d’amour pour elle.

Mais elle était qui, elle, comme personne ?

C’était quoi ses qualités ? C’était quoi ses défauts ? Ça, pour les défauts, elle était super bonne pour s’en trouver, mais pour les qualités c’était du genre:

Je travaille bien. Je suis perfectionniste. Je suis bonne dans l’organisation.

WOW hein ?! Eeeeee excusez-moi, mais ça, ces qualités-là, ne décrivaient EN RIEN la personne qu’elle était dans son coeur. ABSOLUMENT PAS!

Qu’est-ce qu’elle aimait faire ? Elle n’en avait aucune idée puisqu’elle se disait “morte” de l’intérieur ne ressentant plus ce qui lui plaisait.

Une amie lui avait suggéré de lire le livre “Zéro Limite” de Joe Vitale. Et c’est comme si un éclair venait de la frapper.

C’est à partir de ce moment là qu’elle a commencé à se donner de l’amour.

Se donner de l’amour ? Ça voulait dire quoi exactement ?

Ça voulait dire de s’accepter, de se pardonner, d’être plus douce, d’être dans le non-jugement, d’agir comme on agirait avec les autres.

C’est à partir de ce moment-là que tous les discours qu’elle entretenait dans sa tête ont défilé en elle et qu’ils ont eu un effet “WOUAH” tellement qu’elle a réalisé qu’elle se faisait souffrir elle-même.

Mais à quoi ça lui servait de se taper sur la tête comme ça ?

Mais à quoi ça lui servait de se dire des paroles horribles ?

Mais à quoi ça lui servait d’alimenter son stress en ne voulant ne pas le ressentir ?

Je la connaissais cette Jessica. Jamais qu’elle aurait dit des paroles aussi blessantes à autrui, mais, à elle, elle se lâchait lousse et n’avait absolument aucune gêne.

Le cerveau, lui, ne fait pas de différence entre le “Tu n’as pas besoin d’avoir peur” et le “besoin d’avoir peur”.

La “négation”, il s’en cali?&%$%@*!

Mais, elle, ça faisait partie de son langage, la négation:

Tu n’as pas besoin d’avoir peur. Je dois faire confiance même si c’est dur. Lâcher prise c’est impossible. Ne te stresse pas, ça va bien aller. Mon projet bébé est dont ben difficile et compliqué. J’ovule, mais l’angoisse me prend après.

Elle se faisait souffrir elle-même sans cesse.

C’était l’heure de changer sa cassette et ce livre a radicalement changer sa vie puisqu’elle venait de prendre conscience qu’il était grand temps qu’elle apprenne à s’aimer d’abord, puis à aimer la vie tel qu’elle se présentait sous ses yeux.

La seule qui pouvait remédier à sa situation, c’était elle. Elle seule.

Depuis ce jour, elle a commencé à se transformer leeeeeentttttttemmmmmment, mais elle se transformait. C’était ça le plus important.

Puis, de nouveau, elle a repris confiance en la vie. Ça peut vous semblez stupide, mais tout se plaçait devant elle pour l’aider toujours et toujours. Elle arrivait sur des articles qui tombaient à point dont un qui a encore changé sa vie. Il traitait sur “Recevoir l’aide des anges au quotidien“.

Depuis la lecture de cet article, elle évoque, encore aujourd’hui, l’aide des anges et ça marche puisqu’elle y croit dur comme fer. Le simple fait d’avoir abandonné ce qui lui pesait sur les épaules entre leurs mains a fait en sorte qu’elle se sentait toujours de mieux en mieux.

Combien de coïncidences lui sont arrivés et que c’était impossible à expliquer ? Plusieurs et plusieurs.

Mais, surtout, elle a compris qu’elle n’était plus seule. Et ça, ça l’a clairement aidé à reprendre confiance en elle puisqu’elle se sentait soutenue peu importe les choix qu’elle faisait.

Et puis, la sensation de lâcher prise prenait traaaaaaanquiiiiiiiillemmmmmment sa place aussi. Tout devenait un peu plus facile, et un peu plus léger.

Tout ça, parce qu’elle a commencé à se donner de l’amour, à se porter un regard de compassion.

Maintenant, elle ne résiste plus ou presque puisqu’elle a compris que tout partait de soi et parce qu’elle a compris que la vie lui montrait exactement le bon chemin, celui de devenir une maman, pour reconnecter à sa vraie Jessica.

La résistance n’est qu’un signe que quelque chose cherche à être transformé et cette Jessica a pris du temps à le catcher, mais une fois qu’elle l’a catché, elle l’a catché.

Il suffit de mettre une seule fois de l’amour dans un part d’ombre de soi pour comprendre que ça fait toute qu’une différence.

Il suffit d’une seule fois.

•••

Allez, donnons-nous de l’amour et soyons fières de notre grand coeur,

CFP-6934-2Jessica 

Laisser un commentaire

search previous next tag category expand menu location phone mail time cart zoom edit close