L’appel qui tue

Le 11 novembre 2015 restera gravé à jamais dans ma mémoire. La pire date de toute ma vie. Là où tout mon monde s’est écroulé et pas juste le mien. Celui de mon conjoint et celui de notre entourage.

En fait, après avoir fait une fécondation in vitro qui venait d’avoir lieu le 29 octobre, nous attendions cet appel. Un appel qui allait nous dire si notre famille allait s’agrandir ou non.

Durant la semaine qui avait suivi l’implantation de notre petit embryon d’amour, j’avais rêvé 3 fois que j’étais enceinte. Je me disais que c’était peut-être là des bons signes quoi ?!

Mais, plus les jours avançaient, moins je ressentais la réussite de cette grossesse. Mon bon feeling du départ avait disparu et mon conjoint aussi avait ce pressentiment. 

La journée avant que je fasse ma prise de sang à Montréal, soit le 10 novembre, je m’étais dit que je ferais un test de grossesse le matin. 

(À NE JAMAIS FAIRE OK ?! CETTE IDÉE EST MAUVAISE ET NULLE À CHIER!)

J’étais tellement stressée de le faire que je n’en ai pas dormi de la nuit tsé! À 5h45, j’étais déjà debout. 

J’ai fait un premier test. J’étais tellement sur les nerfs. Quelques minutes plus tard, j’ai aperçu qu’il était négatif. OUTCH! J’en ai refait un autre. Je me disais peut-être que mes hormones n’étaient pas assez fortes tsé question d’essayer de se convaincre. Mais, négatif une deuxième fois…RE-OUTCH!

Et là, BANNNNNNNG! Je venais de me faire fesser par un camion! Une déception, une ÉNORME déception qui m’a fait pleuré pendant un gros deux heures de temps. J’étais désespérée, découragée qu’on ait fait tout ce processus pour rien. Je criais « Nooonnnn, noooonnnn, nooooonnnnn! » dans la maison tellement que j’étais dévastée. Heureusement que j’étais seule quand c’est arrivé! (D’ailleurs, je ne sais pas pourquoi je dis ça, comme si je n’avais pas le droit tsé)…

Je pense que je ne m’étais jamais sentie aussi vide par en dedans.

VIDE, VIDE, VIDE…TSÉ comme dans VIDE!

Et la machine a embarqué sans vouloir s’arrêter.

Tous pleins de questions me venaient en tête:

«Pourquoi ça n’a pas marché ? Ça doit être de ma faute ? Je suis tellement trop stressée. Pourquoi je ne suis pas capable de garder un petit bébé en moi ? Aie-je trop peur ? Oui, j’ai peur. Depuis presque 2 ans que j’ai peur. Peur de jamais avoir d’enfants, peur de le porter, car c’est totalement de l’inconnu. Oui, j’ai peur de l’inconnu. Pourquoi ? Ça ne doit pas être si pire que ça. Tout le monde dit que c’est génial d’être enceinte. Ahhhh ta mère est un peu bizarre des fois. Elle réfléchit un peu trop. (Je continuais de lui parler à cet embryon tsé)»

Un mélange d’émotions tourmentait en moi. J’étais tellement à bout que j’ai dit à Raymond, le grand-père décédé de mon chum: 

«Là, Raymond, si c’est pour être positif demain, envoie-moi un geai bleu ok!» 

Quelques minutes plus tard, j’étais assise dans mon salon quand j’ai aperçu non pas un, mais de 2 geais bleus.  Tout l’espoir qui était disparu en moi était revenu. Je n’en croyais pas mes yeux. AYOYE! Je venais tout juste de demander que je recevais déjà. Pis on s’entends que j’ai demandé POUF comme ça moi là, sans croire que ça pouvait arriver tsé!

Allez, fais confiance à ce qui vient de se passer Jess! Garde un bon mindset! Tout n’est pas fini encore…

Durant la journée, ma soeur Cindy m’avait texté et elle essayait de m’encourager en me disant d’attendre de voir à la prise de sang avant de capoter, avant d’en tirer une conclusion. On a fait des recherches sur les internets (ENCORE UNE CHOSE À NE PAS FAIRE ET QUI EST NULLE À CHIER). 

Et bien entendu, sur les internets, ça dit que ça arrive très fréquemment de faire des tests négatifs avant de faire une prise de sang positive. Tout pour te rassurer tsé! Tout pour te mettre d’autres idées en tête…(je t’épargne ma face -_-)

Bref, à l’intérieur de moi, je savais que tout serait négatif. Malheureusement, une petite flamme venait de s’éteindre. 

Et là, j’étais effrayée de le dire au futur “non-papa”. Je venais de passer une journée de MARDE et là, j’appréhendais son retour du travail. Je savais qu’il serait plus que déçu. Vers 3h30, il est arrivé à la maison. Il m’a avoué qu’il était stressé de monter les marches d’escalier. Il avait été stressé toute la journée d’ailleurs, car je lui avais dit que j’allais faire un test le matin. 

En voyant ma face, il a tout-de-suite compris que ce n’était pas de bonnes nouvelles. Il ne savait pas quoi me dire et moi non plus. Nous étions dans un silence, un lourd silence rempli de tristesse. Je lui ai raconté l’histoire des geais bleus et il s’est mis à pleurer soudainement. Il avait un petit brin d’espoir à quelque part, car nous croyons aux signes de la vie.

Le lendemain, c’était LA fameuse prise de sang. Sur la route, en allant à Montréal (again and again), nous n’étions pas très jasants. Je lui demandais de me dire ce qu’il ressentait. Il ne le savait pas lui même. Il avait beaucoup de peine pour moi et moi j’en avais beaucoup pour lui. J’imagine qu’il ressentait lui aussi le vide que moi-même j’avais.

Et là, question de mettre encore plus d’huile sur le feu, une nouvelle venait de sortir à la télé: la loi où les fécondations in vitro seraient désormais payantes. 

Je capotais. Nous capotions. QUOI? Ce n’était pas sérieux là?

Fallait bien que ça arrive à ce moment-là, pendant que nous étions en plein dedans!

Rendu à la clinique, les infirmières ne parlaient que de ça mais, elles n’étaient pas au courant de tous les détails. Ce qui nous laissait encore plus perplexes de ne rien savoir. 

J’ai fait ma prise de sang en bonne et due forme et j’ai eu la brillante idée de demander à l’infirmière si mes recherches sur les internets pouvaient dire vrai. Elle me dit que oui! J’étais un peu soulagée mais, au fond de moi, je m’attendais à une mauvaise nouvelle quand même. 

(IMPOSSIBLE DE VOIR LE POSITIF QUAND T’ES SUBMERGÉE ET NOYÉE PAR LE NÉGATIF! RARES SONT LES FOIS OÙ LE POSITIF L’EMPORTE HEIN!)

Aussitôt fait, aussitôt reparti. Un aller-retour à Montréal pour 15 petites minutes! Ça fait partie de la game!

De retour à la maison et comme c’était pendant la chasse (non, je ne vais pas à la chasse mais tant qu’à être seule aussi bien accompagner), nous étions en route vers la cache, au travers du champ et en plein coeur, quand le téléphone sonna. 

BABOUM! BABOUM! BAMOUM! Mon cœur pompait en TAAAAA!…

Au bout du fil, même s’il n’y avait pas de fil (LOL), c’était l’infirmière qu’on aimait beaucoup, Marie-Ève. Juste à entendre sa voix, on savait que ce n’était pas une bonne nouvelle et ça été le cas. En plus, elle nous a dit aussi que la prochaine fois, (car on avait 2 FIV de prescrites), que ça se pourrait qu’il y ait des frais, de gros frais. 

Et là, la Terre a arrêté de tourner l’instant de quelques secondes.

Mon chum s’est agenouillé au sol, détruit! 

Moi, je ne savais pas quoi dire, comment réagir. J’avais eu tellement de peine la veille et j’en avais encore trop!

Cet appel nous a tué! Tué par en dedans. La douleur ressentie à ce moment-là était atroce, insupportable. Aucun mot ne serait assez puissant pour la décrire.

On pleurait ensemble. Tous nos espoirs étaient disparus en quelques secondes, envolés. Il pleurait de me voir pleurer et avoir autant de peine et c’était la même chose de mon côté. 

Je capotais juste à l’idée de ne jamais pouvoir donner un enfant à lui qui se trouvait juste en face de moi, à l’amour de ma vie. Pourquoi avions-nous à vivre ce moment ? Pourquoi j’avais vu des geais bleus ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Je me disais à moi-même combien j’étais chanceuse d’avoir cet homme si merveilleux dans ma vie. En plus qu’il me dit qu’il m’aimerait toujours même si je ne lui en donnais jamais un, un enfant, tsé, question de l’aimer encore plus!

J’ai appelé ma mère pour lui dire. Elle n’a pas trop réagit. Je crois qu’elle ne s’attendait pas à ce que je lui dise ça. En fait, tout notre entourage ne savait pas quoi dire, car on s’était tellement imaginé que ça serait possible. 

Il n’ avait rien à dire, rien à faire en fait. Notre monde, MON monde était en train de s’écrouler, de tomber à la dérive. Mon tableau de bord était en train de faire défaut ce qui m’amenait à crasher directement au sol. 

Cet appel n’a fait que m’enfoncer encore plus profond. 

Cependant, il nous restait une 2ème chance. Une 2ème chance qui nous laissait amer suite à cette loi qui venait tout juste de sortir. Cependant, il fallait laisser tomber la poussière. Je ne me sentais pas prête à subir un 2ème échec si jamais ça devait être un autre échec, car oui, je l’ai vécu tel un échec. Et moi, l’échec, ce n’est pas fait pour moi bon!

À suivre dans mon prochain article.

Sois fière de ton grand coeur,

Tout est une question de perception! 

Allez, sois fière de ton grand coeur! 💕

SHOOTER!✌️

CFP-6934-2Jessica 

Copyright © 2018 Jessica Lefebvre – Mom de coeur, All rights reserved.
Photo: Pixabay

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