Mes réactions cachées aux annonces “GROSSESSE”

Quand ton projet bébé est enclenché, fouille-moi pourquoi, les annonces de grossesse, il en mouille et des femmes avec une belle grosse bedaine remplie d’amour, tu ne vois que ça, ça te saute aux yeux comme la belle raie poilue du plombier quand il vient réparer ton évier…(tu vois le genre?!)

Et ce n’est surement pas parce qu’à ce moment-là de ta vie, d’être une maman, fait du sens pour toi, où ton cycle menstruel est à son TOP pour créer la vie, où ton entourage aussi est rendu là parce que vous avez sensiblement la même tranche d’âge tsé!

Non, non, non! POUHAHAHA!…….Clairement que si!

Parce que, quand tu es en projet bébé, toute ton attention est mise là-dessus, parce qu’à chaque mois, tu espères que ce soit le bon et surtout, parce que ce projet devient l’objet d’une totale obsession à un tel point que toute ta vie en est affectée, car tes plans, ne fonctionnent AUCUNEMENT comme souhaité.

Voyons voir c’était quoi mes plans ?

Plan #1:

La soeur de mon chum allait être enceinte avant moi, car elle est plus vieille que moi. En mai 2014, à la fête des Mères, juste avant de traverser chez elle pour un souper, on avait ressenti qu’une annonce dans ce genre allait se faire. Comme de fait, ç’a été le cas et j’ai été vraiment très heureuse pour eux malgré un minime pincement de rien du tout, car notre premier mois d’essai venait d’être négatif.

En plus, nous allions être le parrain et la marraine de cet enfant. C’était tout qu’un honneur pour nous. Tant qu’à être dans le bain, on leur avait fait part que, nous aussi, notre GO! avait été donné pour faire un bébé. Mon plan avait très bien fonctionné! Yeah!

Plan #2:

C’était d’être enceinte avant ma soeur, car je suis l’aînée. Dans ma tête, c’était dans cet ordre que ça devait se passer (et pas autrement). Cette idée était tellement gravée en moi que lorsqu’elle nous a fait son annonce, je me suis effondrée.

Je m’en souviens comme si c’était hier. C’était en 2014, à Noël. Nous étions tous dans cette ambiance chaleureuse, festive, en train de déballer les cadeaux, avec un petit verre dans le nez, quand elle nous a offert, à chacun, la même petite boîte carrée.

Elle nous avait demandé de l’ouvrir en même temps. Okkkk….qu’est-ce qui se cache là-dedans tsé?!

Je vois encore ma mère avec des points d’interrogation dans les yeux, j’entends encore mon père crier de joie et je vois mon autre soeur capoter quand ils tenaient, dans leurs mains, le petit pyjama qui annonçait qu’ils allaient devenir une mamie, un papi et une tante.

Et moi, quand j’ai vu c’était quoi, j’ai fait semblant d’être contente, j’ai souri avec mon regard rempli de tristesse pour cacher la douleur que je venais de recevoir en plein coeur. J’ai été brève, voire même froide, car je n’avais qu’un seul désir: aller pleurer ma déception et ma frustration dans la salle de bain.

•Parce que ça allait faire bientôt un an qu’on en voulait un, un petit bébé.

•Parce que je ne savais même pas que ma soeur était rendue là dans sa vie. Elle ne voulait pas m’en parler par peur de me blesser, ce qui m’a occasionné un sentiment d’avoir été exclue et rejetée. (Et je la comprends tsé!)

•Parce que ce n’était pas moi qui allais donner le premier petit-enfant à mes parents quand c’était censé être ça le plan. C’était comme si je venais complètement d’échouer mon rôle de première de famille, comme si à l’intérieur de moi, j’étais déçue de qui j’étais, une moins que rien incapable d’offrir ce si beau cadeau.

•Parce que ça me ramenait au fait de: “Pourquoi nous c’est si compliqué quand eux, tout a bien été ?”

•Parce que j’étais TOTALEMENT en crise de jalousie. Jalouse de la voir enceinte, jalouse de l’effet-surprise plus que réussi, jalouse de voir tout le monde heureux et joyeux.

Je ne vous cacherai pas que j’ai été une “poker face” pendant un certain temps, car je m’attendais à tout sauf à ça. Le temps de laisser la mer se tranquilliser pour que je puisse revenir à la surface de cet immense tsunami d’émotions, soit dit en passant, que je m’étais créé moi-même avec ma GIGA barre d’exigence.

Heureusement, le temps fait bien les choses et malgré ce fait, il y avait quand même une partie de moi qui était plus qu’emballée d’être la tante de ce petit être qui demandait seulement d’être aimé.

Plan #3:

J’allais être enceinte avant que les deuxièmes bébés de la famille arrivent…voyons donc! Pourquoi ça irait autrement ?!

BANG!

Au retour de notre voyage en Floride, en avril 2016, nous avions deux grosses nouvelles qui nous attendaient. Une de mes amies m’a annoncé qu’elle était enceinte. J’étais vraiment contente pour eux, car ça faisait longtemps qu’ils s’essayaient et je comprenais leur hâte.

Quand j’ai raccroché du téléphone avec elle, ma belle-soeur était chez nous et nous a annoncé la même chose. WOUHHHHH! Deux d’un coup, mon hamster y allait par-là!

Oui, j’étais ravie pour eux, mais oui, au fond de moi, j’ai aussi eu un autre pincement. Après réflexion, ce qui m’avait le plus chamboulé c’était qu’elle ne savait pas comment nous l’annoncer, qu’elle se sentait mal pour nous, qu’elle ne voulait pas nous faire de la peine et c’était normal puisque ça faisait plus de deux ans qu’on souhaitait vivre ce petit bonheur nous aussi.

De voir que nos proches commençaient à s’empêcher de nous partager leurs grands moments de vie, commençaient à être ULTRA mal à l’aise en notre présence quand il s’agissait de parler de bébé était difficile à supporter.

Et d’un sens, je les comprenais, car ils savaient bien que notre famille n’était même pas commencée quand la leur était déjà rendue à la moitié.

J’étais rendu à me dire que, si ma sœur m’annonçait la même chose (grossesse #2), eh bien, tant mieux pour elle, car on ne pouvait pas souhaiter à quelqu’un que ça prenne du temps pour avoir un enfant. C’était assez pénible comme ça! Comme Nicole Bordeleau le dit si bien:

Il faut être patient dans la vie!

Alors, c’est ce que je m’efforçais de faire. 

Évidemment, j’ai dû affronter cette situation beaucoup plus tôt que je me l’étais imaginée. C’était en mai 2016, quand je suis arrêtée chez elle quelques minutes. Elle voulait me montrer une photo sur son cellulaire quand j’ai continué à regarder les autres.

OUPS! Une photo avec deux tests de grossesse positifs dessus. Je lui ai demandé, tout étonnée, si elle était enceinte eh oui!

Elle était tout aussi étonnée que moi puisque je n’étais pas censé voir ça. Je suis venue stressée, j’ai vraiment été prise par surprise, je ne devais pas pleurer, car je m’en allais diner chez une amie (comme si elle allait me juger tsé…)

J’ai ravalé et je lui ai dit que j’étais vraiment contente pour eux, que c’était vrai, que je ne voulais pas qu’ils en fassent de cas. (Je venais de dire, la veille, à ma cousine, que quand ma sœur allait être enceinte, j’allais être contente pour elle hein?!)

Mais, impossible que ça ne me fasse rien surtout que je ne pensais pas que ça allait arriver si vite. Au fond de moi, j’espérais être enceinte avant son 2e, mais la vie en a fait autrement.

À ce moment-là, je me disais que la vie me testait, que je devais en comprendre quelque chose. Est-ce que c’était d’avouer mes vrais sentiments ? De faire en sorte que ces annonces ne m’atteignent pas ? Je ne savais aucunement quoi en penser!

Je me disais que toutes les femmes allaient être enceintes avant moi, que je devais m’attendre à être la dernière et c’était ça qui me rentrait dedans, car je me sentais de plus en plus prête à ça.

J’essayais d’être forte même si c’était dur. On me demandait pourquoi ça ne marchait pas quand eux ça se faisait en claquant des doigts et à moi de leur répondre qu’il ne fallait pas se poser de questions.

Parfois (j’ose le dire), j’avais juste envie de les envoyer chier! Mais ce n’était pas moi, la vraie Jessica, c’était celle blessée.

Parce que la vraie Jessica, aujourd’hui, s’aime assez pour croire que tout arrive pour le mieux.  Elle a compris que celle qui lui annonce une grossesse est le simple reflet de ce qui s’en vient pour elle, et ça, ça l’a rempli de joie.

Elle sait à présent ce qu’elle vaut, ce qu’elle veut et elle avance la tête bien haute!

Et que, même si elle ressent un petit pincement pendant un bref instant, elle a le droit. Maintenant, elle l’accueille sans jugement et la vérité de son coeur revient tout en douceur.

•••

Tout est une question de perception!

Allez, soyons fières de notre grand coeur,

CFP-6934-2Jessica 

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