Quand t’es à boute de ton entourage!

On va se le dire bien franchement dans le blanc des yeux, quand tu veux un bébé et qu’il n’arrive pas, ça crée des frictions pas juste en toi.

Dès qu’on a commencé à dire à notre entourage, que ce soit notre famille proche, nos amis, nos collègues ou nos voisins, qu’on s’essayait, eh bien, dès qu’on se voyait:

Pis, vous en êtes rendu où ?

Bien…comment te dire…on fait l’amour pis on attends que ça pogne là…

Les mois passaient et j’accumulais cette impatience qui m’envahissait à chaque fois qu’on m’en parlait. Je dissimulais tout derrière mon armure de bouclier, derrière mon masque de “parfaite Jess” question de ne rien montrer. J’en étais rendu que je voulais presque éviter les partys parce que je savais qu’on allait m’en parler…

Quand j’allais souper chez mes parents, la majorité du temps, je repartais désespérée, peinée tellement que j’étais tannée de faire un bébé avec toute la tablée.

Ma mère me ramenait souvent au fait que je n’acceptais pas ce qui m’arrivait, que j’avais le droit d’avoir de la peine, que je n’avais pas besoin de me cacher. Souvent, quand elle m’appelait, je lui raccrochais au nez. Ça faisait trop mal d’entendre ce que je ne voulais pas entendre et, 30 minutes plus tard, elle arrivait chez moi pour me consoler.

Elle était dévastée de me voir dans cet état, elle voulait m’aider, mais je lui disais qu’il n’y avait rien à faire, que j’essayais du mieux que je pouvais pour être bien dans ce projet et ce, même si c’était souvent difficile. Elle me reprochait souvent que je me fermais, que je ne disais pas ce que je ressentais.

Je commençais à me foutre de ce que les autres pouvaient bien penser quant à mon projet bébé parce que j’en avais plein mon casque que ma vie ne tourne qu’autour de lui. Je me suis bien vite rendu compte que les gens autour de moi se sentaient mal là-dedans et je me disais intérieurement:

Ce n’est pas mon problème! Qu’ils se sentent mal à l’aise! S’ils veulent m’en parler, qu’ils m’en parlent. Ça me fera plaisir de m’ouvrir à ceux qui osent venir me voir et s’informer. Les questions indirectes posées à ma famille ne méritent pas de connaitre les réponses. Si tu n’as pas assez de courage pour me poser, en pleine face, la question “Pis, vous en êtes rendu où ?”, ben c’est ça!

Tout le monde voulait savoir, mais personne n’avait assez de couilles pour m’en parler directement, pis ça, ça me faisait lever le poil sur les bras!

Tout le monde faisait des suppositions. J’entendais des commérages ici et là. On évitait de me regarder dans les yeux. On faisait même des cachoteries dans mon dos.

J’avais souvent cette impression qu’on voulait me contrôler dans le comment que je me sentais. À chaque fois que j’ouvrais la bouche, je mâchais mes mots pour ne pas exprimer ma frustration, pour ne pas blesser l’autre. C’est drôle à dire, mais c’était moi qui avait mal et c’était moi qui faisait attention pour ne pas faire de mal. Comme si mon bien-être n’était pas plus important que celui de mon entourage.

Je me retenais tellement -oh my god-!

J’étais à boute parce que la Jessica beaucoup trop gentille tout le temps n’avait pas le droit, tout d’un coup, d’être fâchée, d’être en colère envers personne!

J’étais à boute parce qu’il fallait toujours que je fasse attention à mes faits et gestes pour être sûr d’offusquer personne.

J’étais à boute parce qu’il fallait que je me justifie sans cesse. À l’intérieur de moi, je voulais aller mieux, j’avais ce désir profond d’apaiser ma douleur, mais on ne comprenait pas pourquoi.

Les premières années de mon projet bébé ont été un vrai CALVAIRE, au cas où tu ne le saurais pas! Parce que tout a chamboulé! À commencer par ma propre personne.

Ensuite, mon couple qui est devenu moins passionné, ma vie avec mon entourage qui s’est fragilisée. À mon travail, j’étais présente physiquement, mais beaucoup moins mentalement. L’argent était une source de stress avec les démarches en clinique de fertilité et même mes loisirs ont été affectés parce que “au cas où je serais enceinte” tsé. 

Et ç’a été à force de refouler et de refouler que je me suis totalement fermée, car ce projet bébé, a été l’événement déclencheur qui a fait remonté ma noirceur intérieure. Je me sentais comme dans une prison, ne laissant aucune lumière entrer, anyway personne ne pouvait comprendre ce que je vivais.

Mais, pourquoi tu voudrais aller mieux Jess ? Pour tout ça, BATINSE! Qu’est-ce que tu ne comprends pas ?!

On me faisait sentir coupable de vouloir aller mieux. Comme s’il fallait que je reste malheureuse parce qu’en tant normal, on n’a pas le droit d’être heureux dans quelque chose de malheureux.

On me faisait sentir mal et ridiculisée parce que je croyais à la médecin alternative, aux messages de notre âme, au pouvoir de l’inconscient. On me faisait passer pour une folle!

(Ok! Peut-être pas aussi exagéré, mais c’est comme ça que je l’interprétais.)

Je me vidais de toute mon énergie à essayer de convaincre que, tout ce que je faisais pour mettre un brin de soleil dans ma prison, était bon pour moi. J’écrivais des lettres et des lettres pour essayer de leur expliquer comment ça me faisait un bien immense, car de vive voix, je n’y arrivais pas.

Je me sentais tellement jugée et tellement seule. J’écris ces mots et les larmes coulent, la colère remonte en moi parce qu’au fond, je ne l’ai jamais vraiment extériorisé.

Pour être 100% honnête avec vous, de replonger dans de tels souvenirs n’est pas agréable. De tenir ce blog me replonge dans cette noirceur, mais m’aide en même temps, à revivre tout ce que je me suis empêchée de vivre par peur de déplaire, par peur de ne plus me faire aimer de mon entourage et de m’en libérer une bonne fois pour toute!

J’avais cette impression que c’était juste moi qui vivait du malheur dans mon entourage.  La trop bonne Jessica qui ne parlait pas, qui se renfermait, qui cherchait toujours à faire plaisir aux autres, qui voulait à tout coup bien faire voulait maintenant se défaire de tout ce qui la tourmentait afin qu’elle puisse ÊTRE elle-même.

Quand j’ai commencé à penser à moi, quand j’ai commencé à consulter pour m’apporter de la douceur, même si les autres ne comprenaient pas vraiment pourquoi, j’ai bien vu que, dès je commençais à briller, dès que je commençais à voir le bon côté, pour les autres, c’était difficile à supporter.

On me reprochait:

On sait bien toi, t’es parfaite! Ahhhh tu m’énerves depuis que tu fais “tes affaires”!

Parce que, oui, quand tu cherches à mettre du bonheur dans ta vie, tu fais partie d’une secte. La secte des gens heureux…pis c’est mal vu, ce n’est pas bon!

Parce que, quand tu cherches à être différente et positive, ça dérange! Pourquoi ? Parce que ça réveille chez l’autre quelque chose de ne pas le fun et de ne pas “normal”! C’est-tu assez agaçant quelqu’un de trop HAPPY ?! Quand notre société est conditionnée au négatif et au jugement, ça fait peur ce “genre” de monde-là!

Souvent ça réveille un sentiment de jalousie.

Ben voyons! Elle veut un bébé depuis des années et elle réussit à voir du positif là-dedans quand il n’y en a pas vraiment…Elle doit avoir eu un lavage de cerveau, c’est évident! Pis moi, je ne vis rien d’exceptionnel et je ne réussis pas à faire comme elle…

Croyez-moi, d’essayer de mettre de la lumière quand tu crois que tout est perdu, ça demande énormément d’efforts et de volonté. Tout ne se fait pas en un claquement de doigts. De s’investir pleinement pour devenir ce que l’on désire est un travail de tous les jours, mais qui en vaut le détour.

Malheureusement, quand on est fermé à l’idée, c’est beaucoup plus facile de critiquer et de juger. J’étais la première à l’être avant que tout m’explose au visage.

Je me suis tellement retenue, si vous saviez! Que j’ai décidé de mettre fin à ce cycle vicieux.! J’ai cette vérité à l’intérieur de moi qui bouille de plus en plus, qui n’attends que mon accord pour l’assumer et pour être franche, cette vérité, elle me fait peur, car je n’ai aucune idée à quoi elle peut ressembler.

Avant, j’étais à boute de mon entourage parce qu’il y avait un énorme décalage. Un décalage entre qui je croyais être et celle que je suis au fond de mon être. À présent, je ne leur en veux pas, je ne leur en veux plus. Même que je leur dis merci, un immense merci de m’avoir aider à m’éveiller à ma vérité et à mon tour, je suis fière d’éveiller la leur.

Parce qu’en toute honnêteté, si on voit ou remarque quelque chose chez un, c’est parce qu’on le porte chez nous. Que ce soit du négatif ou du positif.

Tout est arrivé dans un ordre parfait et même si tu prétends croire le contraire, la vie, tout ce qu’elle demande, c’est que tu t’ouvres à ta lumière.

Et finalement, je préfère être celle qui énerve que de m’étouffer. POUHAHA!

SHOOTER!

•••

Tout est une question de perception. Comment est la relation que tu entretiens avec toi-même et celle de ton entourage ?

Allez, soyons fières de notre grand coeur,

CFP-6934-2Jessica 

1 réflexion sur « Quand t’es à boute de ton entourage! »

  1. En tous cas, tu décris bien tes sentiments et c’est intéressant de te lire. Tu devrais en faire profiter d’autres par un bouquin.
    Pas facile de s’ouvrir comme tu le fais…Félicitation !

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