Se sentir seule et abandonnée…

Quand tu débutes le projet bébé, tu crois être la première à qui ça va arriver: d’être enceinte. Tu te sens dans la fleur de l’âge, puissante, en confiance que tout va bien aller et puis, hop, une amie proche l’est avant toi.

Plus les mois passent et, hop, une autre amie! Hop, une cousine, hop, ta belle-soeur, hop, ta jeune soeur, hop, une autre amie, hop, une autre cousine, hop, ta voisine, hop, ta collègue, hop, une autre amie et une autre cousine, hop, ta belle-soeur qui est à sa deuxième et hop, même ta soeur. Hop, tout le monde, sauf toi!

Et puis, il y a celle qui vit la même situation que toi à quelques différences près. Celle qui souhaite devenir une maman elle aussi. Celle qui est la seule et unique personne avec qui tu peux tout partager sans avoir la crainte d’être jugée ou sans la crainte de te sentir différente parce qu’ELLE TE COMPRENDS!

Fuck la mère qui te dit:

Ahhhh je te comprends tellement là!

Tout en se plaignant de ses 3 enfants…

Non, non. Elle, elle te comprends POUR DE VRAI parce que tu vis les mêmes choses et quasi en même temps.

La seule et unique avec qui tu peux jaser pendant des heures de tes peurs, de tes doutes, de tes émotions, de ton désespoir.

La seule et unique avec qui tu espères être enceinte en même temps question de voir vos enfants grandir ensemble tellement que tu t’amuses à te faire des plans avec elle,  avec qui c’est tellement bon, apaisant et réconfortant d’être en sa compagnie.

La seule et unique avec qui tu t’encourages, avec qui tu essaies de traverser cette petite tempête en espérant qu’elle se termine sur une note positive pour toutes les deux.

La seule et unique avec qui tu dis TOUT, TOUT, TOUT puisque vous empruntez le même chemin.

Un chemin long et interminable pour tenir, dans nos bras, un enfant, notre enfant.

Cette seule et unique personne, je l’appelle ma cousine, mon amie, ma soeur d’âme: Kim.

Kim et moi étions dans le projet bébé et ce, presque en même temps. En fait, elle l’était avant moi.

Kim est une personne importante dans ma vie et ce, du plus loin que je me souviennes, car on a grandi ensemble. Comme si elle faisait partie de moi, un peu comme mes soeurs, tellement qu’on a passé notre enfance, notre adolescence et notre vie d’adulte une à côté de l’autre.

Des rires, on en a eu. Des pleurs, on en a eu. Des brosses, on en a eu. Du gros fun, on en a eu. De la colère, on en a eu. Des pertes d’espoir, on en a eu. Mais, on a aussi eu, de la lumière et de la foi que tout est possible, même quand on n’y croit plus.

Donc, vous comprenez combien Kim a une grande place dans mon coeur ?

Après s’être accompagné tout au long de notre vie, il était venu le temps de se tenir la main pour traverser la plus dure épreuve de notre vie: celle de ne pas devenir une maman comme on le souhaitait tant.

Les mois passaient et passaient. On se parlait de nos cycles, on se comparait pour se donner des idées, on se faisait des soupers question de se vider le coeur quant à ce sujet, on se retroussait les manches, on vidait des boites de Kleenex, on se textait et on s’appelait.

On se voyait à toutes les semaines parce que c’était le fun de se voir pour ESSAYER de parler de d’autres choses même si on finissait toujours par s’imaginer bien des affaires. On se challengeait quant à ce qu’on essayait/testait pour être enceinte, quant à qui on allait voir pour se donner de l’espoir.

Et, à un certain moment donné, est venu le temps de s’avouer que ça n’allait juste pas marcher, qu’on ne deviendrait peut-être jamais des mamans, mais, avant, il fallait tout essayer. Ce qui voulait dire: aller en clinique de fertilité.

C’est ce qu’on a fait chacune de notre côté et ce qui nous séparaient était le simple fait de passer une panoplie de tests dans des cliniques différentes, le fait que nous n’avions pas les mêmes “diagnostics” autant que pour nous, en tant que femme, que pour nos hommes et le fait que, elle, ils devaient faire des inséminations et que, nous, c’était une fécondation in vitro.

Lorsque mon conjoint et moi avions fait nos deux fécondations in vitro infructueuses, Kim accumulait, pendant ce temps-là, ses inséminations infructueuses.

(Si tu veux savoir pourquoi nous n’avons pas fait d’inséminations avant de faire une FIV c’est ici.)

C’est le cas de le dire: on était toutes les deux en plein dedans et en même temps.

Kim et moi étions, somme toute, très différentes. Kim avait ce désir profond et vitale voire même une rage évidente d’avoir des enfants, tandis que moi, j’avais aussi ce même désir, mais à un degré différent.

J’ai toujours été plus “décontractée” face à ce projet et, j’ose peut-être même dire, plus “optimiste”. (Kim, si tu me lis, très important de valider ici haha) Bref, c’était ma perception à moi dans ce temps-là.

Kim voyait bien que leurs inséminations ne menaient à rien et ça lui occasionnait beaucoup, beaucoup de peine et de frustration et je la comprenais dont! De mon côté, puisqu’à mes yeux on avait tout tenté, je continuais de croire en moi, en nous, en notre bébé lumière et en la vie pour qu’on puisse devenir des parents selon ce que mon coeur me dit: naturellement.

Mais, pour Kim, se n’était pas ce que son coeur lui disait. Il lui disait de tout tenter, ce qui voulait dire, de faire une fécondation in vitro à leur tour.

Je me souviens comme si c’était hier.

Nous étions le 28 juin 2016, j’accompagnais Kim à sa prise de sang pour savoir si elle était enceinte. Ils venaient de faire leur FIV et on aurait dit que, de la voir dans la même situation que j’étais quelques mois auparavant, me faisait revivre tout ce paquet d’émotions: le doute, hop, l’espoir, hop, la colère, hop, la joie, hop, la tristesse, hop le bonheur.

(Une FIV, c’est pire que des montagnes russes je vous le dis. Lire mon article ici.)

J’étais stressée pour elle, car je savais que, si ça devait qu’à être négatif, elle allait pleurer sa vie comme ça ne se pourrait pas, elle allait être D-É-V-A-S-T-É-E!

Je le savais, j’étais passée par là. Et j’étais aussi stressée, car je ne savais pas comment MOI j’allais réagir si c’était pour être négatif et même, si c’était pour être positif. Les deux cas me stressaient tsé!

Dans mon coeur, elle méritait tellement d’être une maman après tout ce temps! Pas que moi, je ne le méritais pas, mais j’avais cet espoir pour elle puisqu’elle le désirait plus que moi.

(Ok, je me dénigre vraiment là…oufff! Arrête-moi ça tout de suite toi là…)

Pis en plus, ils avaient payer pour faire une FIV. Oui, oui! Je ne vous dirai pas le prix, mais vous vous en doutez sûrement. Pour vous donner une idée, c’est dans les quatre chiffres…presque cinq!…Question d’être encore plus stressée tsé!

Merci encore une fois à M.Barrette! Ah c’est vrai! On a changé de gouvernement…moi et la politique…enfin bref…

Tout le long en revenant dans notre petite Beauce (parce que oui, tout se fait ailleurs qu’en Beauce…), j’essayais de la calmer, de la rassurer, de la réconforter même si je savais que ça ne changeait absolument rien. Encore une fois, je le savais tsé! Quand je l’ai vécu, je n’y voyais que du noir. (Article sur mon expérience juste ici.)

Mais, d’avoir juste été là pour elle dans un moment décisif de sa vie m’a fait sentir choyée et probablement qu’elle a ressenti la même chose, elle aussi, d’avoir eu une personne proche pour l’accompagner.

La journée passait et je trouvais ça long avant qu’elle me redonne des nouvelles quand mon mon cellulaire a sonné.

C’était Kim!

Mon cœur s’était soudainement accéléré. J’avais peur que ce soit négatif et peur que ce soit positif.

Elle était enceinte.

J’étais tellement contente pour eux que j’en tremblais et j’en ai versé quelques larmes. Ils n’en croyaient pas leurs yeux, eux non plus. Aussitôt la nouvelle annoncée, ils nous ont demandé d’être le parrain et la marraine de ce petit miracle.

On était tellement heureux surtout qu’on connaissait déjà son histoire, à ce petit être.

Mais, il y avait aussi un mais.

Je me suis sentie seule et abandonnée non pas par Kim, mais par la vie. Je venais de perdre ma complice, ma seule et unique, à tout jamais puisqu’elle allait devenir une maman comme toutes les autres de mon entourage. 

J’ai été très heureuse d’avoir pu partager ce petit bout de vie avec elle, mais aussi triste que nos chemins se soient séparés d’une certaine manière.

Ce petit bout de vie n’a pas été facile pour ni une ni l’autre, mais j’ai toujours su que j’allais m’en sortir autrement et positivement.

Pour elle, c’était d’avoir un enfant qui la rendrait heureuse dans ce parcours, tandis que moi, c’était d’être bien avec moi-même peu importe le résultat.

Ça se voyait tellement qu’elle était ravie de cette grossesse. Elle dégageait la joie et le bonheur. C’était vraiment beau de la voir et je me souhaitais, en retour, de vivre la même chose un jour et je sais que ce jour, va arriver!

•••

Bien que je ne sois pas encore enceinte et bien que je me sois retrouvée seule à vivre ce projet bébé, à présent, je me sens sereine avec tout ça puisque j’ai réussi à comprendre pourquoi je m’étais senti abandonnée par la vie: 

Parce que je portais la blessure du rejet et de l’abandon.

Aujourd’hui, ce n’est plus le cas, car j’ai découvert une force en moi et c’est de m’être libérée de mes émotions et de mes croyances négatives, tsé celles qui t’empêchent d’être bien là, que je peux enfin bien vivre.

Tout est une question de perception! Comment te sens-tu au travers de ton entourage avec ton projet bébé ? Seule ou bien accompagnée ?

Allez, soyons fières de notre grand coeur,

CFP-6934-2Jessica 

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